«  La fracture ne vient plus de l’extérieur, mais de l’intérieur. » 

Omar Youssef Souleimane

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Il dit que la fracture ne vient plus de l'extérieur, mais de l'intérieur. Pendant longtemps, la menace terroriste semblait venir du Moyen-Orient. Aujourd'hui, elle grandit dans nos propres salles de classe, chez des jeunes nés en France, et se sentent étrangers sur leur propre territoire. Mon livre raconte six années d'ateliers d'écriture dans les collèges et lycées d'Île-de-France, où j'ai vu se dessiner, année après année le séparatisme identitaire. Ce livre dit aussi que ce phénomène ne se limite pas à la radicalisation religieuse : il touche l'antisémitisme, l'homophobie, le harcèlement, le désespoir d'une jeunesse abandonnée à elle-même entre l'école, la famille et les réseaux sociaux.

"Que dit votre livre de notre monde ?"

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Une réalité que beaucoup ressentent sans oser la regarder en face : ce qui se joue dans certaines classes françaises aujourd'hui, à travers la parole des élèves eux-mêmes, et celle des enseignants qui vivent cette réalité au quotidien, souvent dans un isolement total. Je souhaite que les lecteurs comprennent que ces jeunes ne sont pas de simples statistiques inquiétantes, ils portent des ambitions, des souffrances, parfois des rêves brisés, et un besoin profond d'être écoutés. Beaucoup me confient des choses qu'ils ne diraient jamais à leurs professeurs ou à leurs parents, parce que je viens d'un monde qu'ils reconnaissent en partie, celui du Moyen-Orient, et, pour eux, je suis qu’un migrant. Mon rôle est de faire sortir leur parole de l'école pour que tous les Français puissent l'entendre.

"Qu’espérez-vous que cela révèle à votre lecteur ?"

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L'idée fondatrice est née d'un déjeuner, le 16 octobre 2020, avec la directrice d'un centre culturel de banlieue parisienne : lancer des ateliers d'écriture dans les établissements scolaires pour lutter contre la radicalisation et cultiver la laïcité. Le jour même j’ai appris l'assassinat de Samuel Paty. Ce jour-là, une certitude s'est imposée : avec cette idéologie, nous ne vivons plus sur la même planète que certains de nos concitoyens.

"Avec quelle idée l’avez-vous commencé ?"

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Je l'ai terminé avec la conviction que ce que portent ces jeunes n'est souvent ni l'islam, ni la Palestine, ni même un rejet réel de la France, mais des images fabriquées ailleurs, reçues sans le moindre ancrage dans les textes ou les faits. Moins d'un pour cent des élèves que j'ai rencontrés au fil de ces ateliers avaient lu le Coran. Leur lien avec la religion se limite souvent à des équations simplistes, sans doute ni questionnement. Ce vide-là m'a semblé plus déterminant que n'importe quelle idéologie organisée : c'est un défaut de pensée critique, cultivé par l'isolement et la manipulation des réseaux sociaux, qui rend ces jeunes vulnérables à la radicalisation. Or rien ne les arme davantage que le débat, les faits, et le doute.

"Avec quelle idée forte l’avez-vous terminé ?"

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Je ne sais pas encore.

"Quelles questions restent ouvertes pour votre prochain livre ?"

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