SOUS-TEXTE 
RAPHAËL GLUCKSMANN

Nous avons encore envie.
 

Raphaël Glucksmann ne semble jamais pouvoir tout à fait se départir de son tropisme européen et géopolitique. 

Même lorsqu’il entreprend de parler de la France, de la nation et de la reconstruction d’un commun, son récit reste traversé par le monde extérieur, les rapports de force, les puissances et les menaces. 

C’est peut-être la singularité de Nous avons encore envie. Là où le récit national pourrait se refermer sur lui-même, il demeure constamment projeté sur une scène plus vaste. La nation est pensée dans le monde, et la France dans l’Europe. 

La guerre, la Chine, la Russie, la souveraineté, la défense ou la puissance ne constituent donc pas un chapitre périphérique : ils forment l’un des cadres à partir desquels Glucksmann pense le politique. 

Plus surprenant, ce registre géopolitique rencontre un imaginaire presque épique de la nation : histoire, destin, force, grandeur, liberté, révolution. 

À la froideur des rapports de puissance répond ainsi la recherche d’un récit capable de remettre une collectivité en mouvement. 

La reconstruction du commun — République, citoyens, école, travail, démocratie — apparaît alors comme le troisième terme de cette équation : comment refaire société dans un pays dont le destin est, chez Glucksmann, presque toujours pensé à l’échelle de l’Europe et du monde ?

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